Le marché de la vanille

Un marché un peu compliqué

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Un produit mal connu des utilisateurs potentiels. Il y a sur le marché trois produits d’origines différentes.

– la « gousse » de vanille, la vraie : le plus connu, mais pas le plus utilisé.
– les produits issus de la vanilline naturelle mais d’origine autre que la gousse (son du riz, lignine du bois, ..)
– les produits vanillinés, fabriqués à partir de la synthèse chimique de la vanilline

Deux acteurs ont des quasi monopoles

Un producteur dominant : Madagascar. Cette position détenue tant en qualité qu’en quantité rend le marché sensible à tous les évènements, politiques comme climatiques, voire spéculatifs qui traversent régulièrement ce pays. En particulier, comme pour d’autres « spéculations », l’offre est déterminée de façon individuelle par des petits producteurs peu au fait des évolutions de la demande mondiale.

– Un consommateur dominant : Les Etats Unis qui jouent un rôle déterminant dans la définition des prix.
La demande est de fait mondialisée et très concentrée entre peu d’acteurs, essentiellement extracteurs et « flavour houses ».

Concurrence des produits synthétisés et des succédanés

On a noté précédemment, la quantité importante de produits synthétiques utilisée dans l’agro-alimentaire et la grande difficulté pour identifier les fraudes et en informer les consommateurs. Il faut ajouter aujourd’hui un nouveau concurrent sur le marché de l’agro-alimentaire. Il s’agit de la vanilline fabriquée par fermentation à partir de l’acide férulique du riz. Ce produit est classé « nature identique » et peut être utilisé en faible partie d’un arôme qui conserve alors l’appellation d’arôme naturel.

Des circuits commerciaux gourmands

La multiplicité des tâches de préparation et de conditionnement du produit expliquent des circuits assez longs en pays producteurs (collecteur, préparateur, conditionneur, exportateur) qui se tournent vers un marché de traders et d’extracteurs très concentré.

Commerce équitable

La vanille voit se développer une production de vanille « issue du commerce équitable ». Celle-ci est sous-tendue par une utilisation de plus en plus conséquente de ce label par l’industrie agro alimentaire et la distribution en particulier en matière de crèmes glacées.

Etudes économiques

Le marché de la vanille a toujours vécu des prix en dents de scie. Ceci est dû à l’existence récurrente de deux phases successives : les paysans vivent des périodes où la vanille est abondante et ne leur paie que 1$ ou 2$ du kilo de vanille verte. Ceci les amène à abandonner la plantation ce qui, accompagné d’accidents climatiques (cyclones), démarre des périodes de hausse dues à une offre devenue insuffisante. La demande à son tour se lasse de ces prix élevés et elle baisse sa consommation en se tournant éventuellement vers des substituts. Ces mouvements ont une amplitude excessive : la courbe des prix est en dents de scie. Entre1961 et 2000, la production mondiale est passée de 1300 T à presque 3000 T en 2000 avec un pic dans les années 90. Quant au prix au kilogramme, de 50 euro en 1988, il est descendu à 20 euro en 1998 pour remonter ensuite brutalement à 100 euros en 2001 et plus de 400 euros en 2003. En 2008, le cours est redescendu à 35 euros le kilo.