Vanipro cultive sa différence avec soin

Sur un marché de la vanille en plein marasme, la société a réussi à consolider ses positions, devenant le premier fournisseur mondial.

Alors que les deux leaders du marché de la vanille disparaissaient après l’effondrement du marché de cette liane de l’espèce « Orchidaceae » produite essentiellement à Madagascar, Vanipro a au contraire consolidé ses positions. « La spéculation avait fait grimper artificiellement les prix à plus de 400 dollars le kilo ! s’exclame encore Marcello Acri, PDG de Vanipro.

Puis, en 2004, les cours se sont effondrés pour tomber à quelques dizaines de dollars le kilo. Mais nous souffrons moins que nos concurrents car nous avons refusé de tomber dans le piège de la spéculation, préférant nouer des relations stables basées sur des prix garantis, avec nos fournisseurs comme nos clients.
Nous avons également augmenté nos volumes de 30% pour traiter en 2006 plus de 450 tonnes de vanille ».
Ainsi, la PME possède des participations (à hauteur de 50 %) dans plusieurs plantations malgaches. « Nous normalisons nos relations avec nos fournisseurs, devenus des partenaires exclusifs, souligne Marcello Acri. Cette implication dans le tissu productif nous permet de proposer à nos clients une gamme de vanilles unique au monde, que ce soit en qualitatif ou en quantitatif ». Après trois ans de recherche, ajoute-t-il, » nous commercialiserons en juin 2007 une nouvelle qualité hybride, d’une teneur exceptionnelle en vanilline. Il s’agira d’un produit unique, très haut de gamme ».
La vanille, seule orchidée a ne pas être cultivée comme plante ornementale, nécessite neuf mois d’un travail demandant beaucoup de soins. Aujourd’hui, Vanipro se positionne comme premier fournisseur mondial avec 30% de parts de marché et un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros (23 millions en 2005), dont 85% à l’exportation. Le résultat net varie de 3 à 5% selon les années. Vanipro emploie 11 salariés en France, tandis que 2.000 producteurs malgaches travaillent exclusivement pour la PME française. La moyenne d’âge des salariés de Vanipro, 36 ans, détonne dans un secteur jusqu’à présent dominé par des acteurs bénéficiant d’une certaine expérience. « Nous les avons tués !, plaisante Marcello Acri. Ou plutôt, ils sont morts de n’avoir pas voulu évoluer ».
Marcello Acri a créé Vanipro en 1998. Il avait alors 23 ans. La société basée sur les hauteurs de Grasse (Alpes Maritimes), à Bar sur Loup, s’est tout d’abord spécialisée dans le négoce de matières premières pour les arômes. Puis elle a très vite concentré ses efforts sur la vanille, tout en développant une activité de semi transformation des gousses naturelles. Ses clients sont des industriels, le plus souvent américains, présents sur les marchés des parfums et des arômes naturels.
L’agroalimentaire fournit le troisième débouché de Vanipro. « Nous travaillons le produit, nous faisons les mélanges et nous le conditionnons sous toutes les formes possibles », précise Marcello Acri. Vanipro a achevé la construction d’une usine neuve en 2005, d’un coût de 1,5 million d’euros. Elle prépare pour 2007 une augmentation de capital destinée à sécuriser ses débouchés et agrandir l’usine. Cet investissement d’un million d’euros prévu pour fin 2007 permettra d’opérer une diversification. « Nous allons travailler le girofle et surtout le poivre », révèle Marcello Acri. Déjà labellisé bio, Vanipro se lance également en 2007 dans le commerce équitable. La société va créer des coopératives à Madagascar pour tenter de stabiliser la filière en permettant aux producteurs de vivre de manière décente.

Les trois recettes de la société
1- Sécuriser ses approvisionnements.
La PME possède des participations (50%) dans plusieurs plantations malgaches. Ses autres fournisseurs ont signé des contrats d’exclusivité. 2.000 producteurs malgaches travaillent exclusivement pour la PME française. Vanipro s’engage sur la voie du commerce équitable en 2007 en créant des coopératives à Madagascar. Il s’agit de stabiliser la filière en permettant aux producteurs de vivre de manière décente.
2- Sécuriser ses débouchés.
Vanipro a signé avec ses clients, généralement des industriels américains présents sur les marchés des parfums et des arômes naturels, des contrats prévoyant des prix stables.
3- 
Proposer une large gamme de vanilles.
Vanipro revendique « une gamme de vanilles unique au monde, que ce soit en qualitatif ou en quantitatif ». Elle proposera en juin 2007 une nouvelle qualité hybride, d’une teneur exceptionnelle en vanilline. 2007 verra également une diversification des activités avec l’importation de poivres et de girofle.
Gérard Tur, à Grasse.

http://www.latribune.fr/impression/SUD-EST–Laureat-International—Vanipro-cultiv… 08/04/2008